Marie Larroque-Daran est née en 1980 à Toulouse. Elle vit et travaille à Nice.

Passionnée d’archéologie et d’architecture dès son plus jeune âge, l’artiste y puise ses matières premières et le principe de reconstruction d’une histoire dont elle nous livre les vestiges et les noms, telle une mémoire du vivant incomplète dont les manques ouvrent des espaces de projection.

La matérialisation de la perte figure dans le résultat comme disparition d’une présence initiale, des ballons ont été crevés ne laissant que la mue qui les recouvrait, et dans le processus: perte du support, toile, châssis, socle mais aussi, création directe en réalité virtuelle. L’ensemble aboutit à la présentation de traces, de restes qui font acte de mémoire tout en invitant à la reconstruction d’un récit onirique ou d’une poésie dystopique.  Le déplacement dans le temps et dans l’espace ainsi crée génère des rencontres inattendues entre art et sciences: paléontologie, réseau signifiant de la psyché humaine, mythologie, histoire naturelle et archéologie dialoguent dans une continuité plus arborescente que linéaire.

Oeuvres du temps qui passe, les sculptures et installations de Marie Larroque-Daran sont des combinaisons d’hypothèses formant une ode au vivant dont la figuration matérielle de la disparition souligne la valeur. 

L’artiste adapte ses matériaux à son dire en transformant des matières premières, issues de la construction et de l’alimentation, en matière d’oeuvre. L’histoire populaire de ses matériaux s’incruste dans l’oeuvre en formant une nouvelle trame faite de multiples couches dont l’intérêt réside dans leur décollement, leur vieillissement. Critique vis à vis d’une société toujours plus consommante, l’artiste a choisi de privilégier des matériaux naturels ou écologiques et de développer des oeuvres recyclables, compostables, voire, solubles. Elle interroge particulièrement l’usage du matériau dans l’oeuvre et le devenir de celle-ci dans un parcours eco-responsable s’accordant avec son travail sur la perte.

Dans certaines oeuvres, la matière picturale se condense en agar-agar écologiquement teinté pour aboutir à des volumes stratifiés de couches de peinture, qui, tordues et décollées par déshydratation, révèlent leur nombre comme autant d’années de leur vécu. Dans d’autres, un ciment léger enveloppe une âme en laine mérinos et soie pour générer, via un dripping en trois dimensions, une architecture organique, chrysalide d’un être vivant dont le vide devient partie intégrante de l’oeuvre. L’oeuvre se constitue de la traversée d’un corps au travers de la toile qu’il arrache et du mur dont il emporte le béton frais. La traversée destructrice aboutit à la recomposition d’une nouvelle trame, en volume, dont il ne reste qu’une empreinte de passage: la captation fugitive d’un instant de traversée.

A travers sa série continue et différenciée de peelings, l’artiste aborde le rapport sensuel de la peau au toucher comme vecteur de lien social et de préservation de la vie. Si les versions polychromes font tumulte de vitalité, les blanches d’un épiderme d’amidon de riz-kaolin craquelé évoquent plus gravement le processus de mort d’un récif corallien ou la disparition d’un lac salé sous l’action humaine.

En privilégiant le travail in-situ, Marie Larroque-Daran interprète le vécu historique résidant dans les intervalles structurels et ornementaux des lieux qu’elle investit. Ainsi, au grée des rencontres avec ses oeuvres créatures et matières, elle nous invite à relire les lieux dans une dimension paléo-fantastique, si proche, à moins qu’elle ne nous échappe.


EVENEMENTS A VENIR

"Moi, je"    12 juin > 03 janvier 2022                                                        Château Grimaldi, Cagnes sur mer

Exposition collective, Biennale de L'UMAMA, co:issariat Simone Dibo-Cohen.

Les artistes: Valério ADAMI, Dominique AGIUS,  Ananou JACKY , François BARD, Nasreddine BENNACER, Stefano BOMBARDIERI, Jérôme BOREL, Matteo CARASSALE, Benjamin CARBONNE, Bruno CERBONI-BAJARDI, Fabien CHALON , Philippe COGNÉE, Mauro CORDA, Simon COUVIN, Christelle ESPERTO, Frédéric Fenoll , Marc Gaillet , Gérard GAROUSTE, Gérard HATHON-GAUTHIER, Damien HIRST, Joseph, Jeff KOONS, Héléna Krajewicz et Rob ROWLANDS, Jérôme LAGARRIGUE, Marie Larroque-Daran, Maf, Éric MASSHOLDER, Mick, Anthony MIRIAL, Antoine MONMARCHÉ, Mathilde OSCAR, Laurent PAPILLON, Pierre et Gilles, Claudie POINSARD , Alain Pontarelli, Pascal SAINT-PHILI Victor SOREN, Quentin SPOHN, Cédric TANGUY, Bernard TARIDE, Gérard TARIDE

L’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne est une association fondée en 1946 sous les parrainages d’Henri Matisse et Pierre Bonnard


Sortir de sa réserve  Méta-créatures du Mont Daour.                               17 sept>28 Nov   Muséum d'histoire naturelle de Nice

Exposition individuelle

Vernissage jeudi 16 septembre

PAR LE PASSÉ

 


"Je creuse le matériau pour atteindre l'enveloppe fragile de la métamorphose"

Using Format